
Nolan, le rêve les yeux ouverts
Inception, c’est l’art d’implanter une idée dans le subconscient d’une personne pour générer un événement en résonnance de cette première idée. C’est aussi le scénario qu’a choisi Christopher Nolan pour nous torturer l’esprit et nous emmener dans un de ses nouveaux rêves…
Difficile d’ignorer la sortie d’Inception en ce milieu d’année, après la stratégie de communication amenée par la Warner pour ce long métrage aux allures prometteuses. C’est donc hier soir que j’ai choisi de participer à une rêverie collective dans mon UGC le plus proche.

Le film commence très fort, on est tout de suite plongé aux cotés de Dom Cobb (Léonardo DiCaprio) déjà immergé dans un rêve. Univers et personnages sombres, scènes d’actions, courses et explosions la suite s’annonce palpitante, le scénario est lancé et les 2h20 sont là pour nous tenir en haleine. Enfin pas tant que ça, Nolan donne pas mal d’indices dans la première partie du film. Malgré un scénario complexe, le film ne s’enfonce pas dans un « bourbier », et l’explication des multiples rêves imbriqués est claire.
Le choix des acteurs reste parfaitement dans la lignée du film, chacun y trouve son rôle et personne n’est finalement au second plan. Marion Catillard est une nouvelle fois époustouflante dans sa justesse, Léonardo DiCaprio, avec pourtant des similitudes à Shutter Island, se montre sous un autre visage, plus posé. On arrive même à s’attacher peu à peu à Saito et Fischer, deux puissants hommes d’affaires.

L’histoire avance, et Cobb accepte un marché avec Saito pour le libérer et le permettre de rentrer aux Etats-Unis revoir ses enfants. Pour cela Cobb réunit une fine équipe pour réaliser l’impossible : une inception (implantation d’une idée dans le subconscient d’une personne). Une sorte de dernière mission pour Cobb, mais surtout la seule chance de retrouver sa vie passée. Le plan est complexe et périlleux puisque trois niveaux de rêve doivent être mis en place pour permettre au sujet de croire une idée qui n’est pas la sienne. La stratégie fonctionne mais Cobb ne parvient à revenir à la réalité et se retrouve seul dans les limbes (point le plus profond dans l’univers du rêve). Il devra alors retrouver Saito laissé pour mort dans le troisième rêve. On revient alors à la première scène du film où l’on voit Saito très âgé avec un pistolet dans la main. Il se tue, et tous deux se réveillent dans la réalité. Enfin presque, si il n’y avait pas la scène finale de la toupie qui ne cesse de tourner…
Le scénario se complique à la fin, et le spectateur se posera sans doute la question : si oui ou non Cobb est bien revenu à la réalité. Une raison de plus pour retourner en salle et demander au projectionniste qu’il rembobine ; ). Une bonne astuce de la part du réalisateur qui laisse ouverte l’interprétation de son film aux spectateurs.
Vous l’aurez compris Christopher Nolan grave son nom dans le monde du 7ème art avec Inception. Il signe un véritable chef d’œuvre, et l’un des meilleurs films de 2010. Il montre toute son intelligence et invite le spectateur à faire de même. Toujours maître de son histoire, il laisse à chacun son interprétation de la fin. Je ne peux que vous inviter à allez faire voyager vos neurones dans le monde parallèle du subconscient !























