[Critique] Snow Therapy

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Que feriez-vous face à un danger menaçant votre famille ? Seriez-vous le héros, ou votre instinct de survie prendra-t-il le dessus ?
C’est en tout cas cette mise en abyme que Ruben Östlund nous propose dans son quatrième long-métrage. Le réalisateur dissèque subtilement le délitement d’un couple qui ne va pas tarder à s’effriter peu à peu. Entre lâcheté, rancune, déception, oubli et pardon, ce psychodrame à la fois tragique et comique sait créer le malaise derrière l’esthétique carte postale des paysages enneigés.

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Snow Therapy est un film dramatique, sans l’élément principal : le drame. Tout est dans l’amorce, rien ne se passe. La tension est extrême, chaque instant est à la limite de l’explosion. Et rien. Enfin, plutôt pas ce qu’on attend d’un film classique.
Le drame est en fait silencieux et presque invisible de l’extérieur. Pour autant, à force d’être scrutées par la caméra, on aperçoit, à travers les moments de silence les séquelles de ce non drame.
Dans cet univers de gens riches, centrés sur l’apparence, les signes sont difficiles à desceller. Et pourtant ce sont les enfants qui vont s’apercevoir, bien avant les adultes concernés, de l’ampleur du carnage.
Les personnages, filmés sur de longs plans séquences, presque sans paroles, dévoilent peu à peu leurs doutes, leurs névroses et toutes les facettes de leurs personnalités tellement complexes qu’on ne sait si on doit les aimer ou les détester. Ruben Östlund nous met dans une frustration perpétuelle où, à chaque seconde, à chaque mouvement des personnages il nous enlève la sympathie ou l’aversion que l’on avait construite pour eux.
Pour le réalisateur, l’avalanche n’est qu’une excuse pour décortiquer les relations humaines et particulièrement les différences hommes / femmes dans les ressentis, les émotions et leur place dans la société. A travers son analyse pertinente et grâce à la justesse des acteurs Snow Therapy nous plonge dans la réalité d’un mariage, d’une famille, d’un instant avec un suspens intense.

Ma note : 7/10

Sortie en salle le 28 Janvier 2015

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